Les Religion et les Valeurs de l'Europe
Religion and European Values

Par le passé la religion, en particulier le Christianisme, était une influence prédominante en Europe. Aujourd'hui l'influence de la religion est moins évidente au quotidien, mais elle est toujours présente. Ce document souligne la contribution positive du Christianisme. Il était lu lors de la Réunion des CINGO en juin 2012. Bernard Senelle est Dominicain et juriste. 
In the past religion, in particular Christianity, was a predominant influence in Europe. The daily influence of religion is less apparent today but it is always present. This paper underlines the positive contribution of Christianity. It was read at the CINGO meeting in June 2012. Bernard Senelle is a Dominicain and a lawyer.
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Les religions et les valeurs de l’Europe
Intervention CINGO
 
En ces temps de crise de l’Europe il est temps de nous interroger sur notre patrimoine et pas seulement notre patrimoine financier. En quoi consiste le patrimoine européen ? Quelle est la contribution des religions au respect de la dignité humaine ? Faut-il expurger le patrimoine européen de toute trace de christianisme et particulièrement de catholicisme comme entend le faire l’Union rationaliste ? Récemment, je lisais sur un article de Gerhardt Stenger1:
 
« [...] certaines tendances actuelles des grandes religions "du Livre" s’opposent sans merci quand il s’agit d’imposer sa Vérité au détriment de l’autre. Chacun a sa stratégie propre d’opposition ou de dialogue avec ses concurrents, de conquête de nouveaux fidèles et d’exclusion des mauvais croyants par excommunication, condamnation, fatwah ; mais toutes ont le même ennemi : la philosophie des Lumières, la sécularisation des sociétés, la culture laïque en un mot. Un nouvel œcuménisme se fait jour, qui est double : classiquement contre le principe de laïcité et de neutralité religieuse de l’État, mais aussi contre l’idée que la foi serait une affaire de conscience et de convictions personnelles. »
 
Le ton est virulent et c’est bel et bien face à ce type de convictions que nous avons à nous exprimer. Le monde politique français ou européen, le monde d’une manière générale n’est pas chimiquement pur et que si nous voulons agir, il faut être dans les jeux d’opinions et de pouvoirs. On ne peut s’intéresser aux enjeux politiques, à la question de l’homme et du bien commun en méprisant le jeu poli- tique. Ce serait une faute morale, ce serait oublier que c’est notre monde qui est le lieu du salut. « La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop », disait Edouard Herriot2. En Europe comme dans le monde et dans nos Etats, le pouvoir est le lieu de la régulation de la violence et les religions pourvu qu’elles restent dans leur rôle critique ont une place essentielle : un système politique ne peut sauver le monde qui est déjà sauvé et les croyants de toutes confessions peuvent s’engager porteurs de leurs valeurs de conversion et de dialogue.
 
En revanche, il leur est déconseillé, comme l’histoire le montre, de prendre en charge le gouvernement. La charité n’est pas le prog- ramme d’un parti politique : ce serait malvenu. Comme le note le rapport au n° 50 : « Le droit des religions en Europe a définitivement rompu avec une conception fusionnelle de la citoyenneté et de l’appartenance religieuse, de la nation et de la religions ». Et le n° 51 ajoute : « la non-confessionnalité de l’Etat et sa neutralité en matière religieuse sont symétriques aux garanties de liberté de conscience et de religion ». L’apôtre Paul invitait à la confiance dans les pouvoirs civils : « Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées par Dieu. 3»

Le 11 octobre 1988, dans son  discours au parlement européen, Jean-Paul II disait : “Notre histoire européenne montre abondamment combien souvent la frontière entre “ce qui est à César et ”ce qui est à Dieu” a été franchie dans les deux sens. La chrétienté latine médiévale -pour ne mentionner qu’elle- (...) n’a pas toujours échappé à la tentation intégraliste d’exclure de la communauté temporelle ceux qui ne professaient pas la vraie foi. L’intégralisme religieux, sans dis- tinction entre la sphère de la foi et celle de la vie civile aujourd’hui encore en pratique sous d’autres cieux, paraît incompatible avec le génie propre de l’Europe tel que l’a façonné le message chrétien. Mais c’est d’ailleurs que sont venues, en notre temps, les plus grandes menaces, lorsque les idéologies ont absolutisé la société ou un groupe dominait au mépris de la personne humaine et de sa liberté.”

Le concile Vatican II en sa Constitution Gaudium et Spes le souligne et appréhende le bien commun comme « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée ». Et il ajoute un peu plus loin : « Mais en même temps grandit la conscience de l’éminente dignité de la personne humaine, supé- rieure à toutes choses et dont les droits et devoirs sont universels et inviolables. Il faut donc rendre accessible à l’homme tout ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine »4. En 1973, un an après sa retraite au Vatican, Maurice Zundel prêchant à Timadeuc écrivait :

 « Le monde libre ignore autant que le monde communiste, si on le prend dans son ensemble, la valeur de cette création intérieure. Il proclame les Droits de l’Homme, et il pilonne le Viêtnam pour affirmer les Droits de l’Homme ! Il n’arrive pas à résoudre la question des Noirs, tout en proclamant les Droits de l’homme, parce que, justement, il ignore cette façon intérieure dont il n’est presque jamais question. Tous les programmes d’éducation semblent ignorer que c’est la là l’essentiel : si l’homme est une fin, chacun est une fin ; et pourquoi est-il une fin sinon parce qu’il peut être créateur, et lui seul, d’un bien universel ? Le seul bien vraiment commun, le seul bien universel, c’est ce qui s’accomplit dans le secret du cœur de chacun. 5»

Quel est l’axe fondamental sur lequel les religions ont apporté quelque chose ? Les valeurs fondamentales de l’Union européenne sont notamment énoncées par la Charte des Droits fondamentaux de l’Union européenne et la convention européenne des droits de l’homme. Parmi ces valeurs, plusieurs sont parmi les piliers de la doctrine sociale de l'Église Catholique et se retrouvent dans la Charte œcuménique signée à Strasbourg le 22 avril 2001 ainsi que dans le décalogue d’Assise pour la Paix : la dignité de la personne, la promotion de la paix, la solidarité, la condamnation de la guerre et du terrorisme, la liberté d’expression et le dialogue, la démocratie, l’égalité.

Parmi ces valeurs, il convient de souligner la place particulière de la dignité humaine perçue comme bien commun de l’humanité. Et au cœur de cette exigence de dignité, on trouve l’appel à la récon- ciliation. On peut dire que les grandes intuitions se trouvent dans le seul livre publié par Robert Schuman en 1960 alors que la maladie le frappait : « Nous voilà donc ramenés à la loi chrétienne d’une noble mais humble fraternité. Et par un paradoxe qui nous surprendrait, si nous n’étions pas chrétiens, inconsciemment chrétiens peut-être- nous tendions la main à nos ennemis d’hier non simplement pour pardonner mais pour construire ensemble l’Europe de demain.6 » Cette exigence du pardon  et de la réconciliation est reprise dans la charte œcuménique au n° 8 : Réconcilier les peuples et les cultures : « Il appartient à la réconciliation de favoriser la justice sociale, dans et entre tous les peuples, avant tout, de surmonter le fossé entre pauvres et riches, ainsi que de vaincre le chômage. »

Le souci de rendre la vie plus humaine et de vivre-ensemble est passé dans les préoccupations communes des Institutions et des hommes de bonne volonté. Et cela passe par la valeur du service. Nous sommes là « non pour être servis, mais pour servir », à l’image et à la suite du Christ lui-même (Marc, 10, 45). Et ce sens du service doit dépasser les frontières de nos territoires et de nos religions respectives. Ainsi, avec d’autres croyants des grandes religions, le 12 avril 2011, le Grand Rabbin Berel LAZAR, Grand Rabbin de Russie disait à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe : “On dit souvent que le multiculturalisme a échoué en Europe. Après avoir passé toute ma vie en Europe, je puis dire que si cela a échoué, l’Europe a échoué, car la grandeur et le fondement de l’Europe ont toujours été la compréhension mutuelle, l’ouverture du dialogue en dépit de toutes les différences séparant les peuples en matière linguistique, culturelle et de tradition.” 

Les religions nous font prendre conscience que les choses ne sont pas simples, qu’elles ne sont ni noires ni blanches. Il ajoutait : “Certains débats du Conseil de l’Europe sont relatifs à la nécessité d’apporter la paix dans le monde. Si nous étions tous d’accord et tous identiques, tout le monde vivrait dans la paix et l’harmonie et ce serait en fait une vie très monotone. Notre raison d’être est d’apporter la paix en dépit de nos différences, de nos divisions, car nous vivons sur un même continent, l’Europe. Nous devons donc absolument trouver le moyen de nous comprendre.”

Toutes ces valeurs sont promues par l’ensemble des religions et constitue en même temps le patrimoine commun des peuples euro- péens. Il s’agit du bien commun de l’Europe et on peut dire que les religions ne cessent de rappeler l’exigence du vivre ensemble en posant le primat de la personne et en jouant un rôle de veille.
« L’abolition de l’humain se fera sous anesthésie », écrit M. Bellet.  Le droit à la vie est énoncé au numéro quatre du Décalogue d’Assise, la prohibition de la violence et le dialogue sont aussi dans ce Décalogue et il convient de souligner que comme dans le Décalogue biblique, celui touche à un commandement touche à l’ensemble7.  Si l’on songe que le pouvoir politique est le lieu de régulation des conflits on peut s’interroger sur la contribution des religions dans ce domaine. Serait-ce la promotion du dialogue  et de la tolérance?

Car une des valeurs qui sous-tend ce décalogue c’est celle de la tolérance en ses quatre degrés :
-supporter ce qu’on ne peut empêcher, au nom de la justice.
-reconnaître le droit d’autrui à professer ce qu’il tient pour vrai.
-Faire crédit à l’autre, le créditer d’une part de vérité à laquelle on n’a pas accès soi-même.
-Enfin, le degré supérieur c’est de parvenir à énoncer  ceci : « Au creux même de ma propre conviction, de ma propre confession, je reconnais qu’il y a un fond que je ne maîtrise pas. Je discerne dans le fond de mon adhésion une source d’inspiration qui, par son exigence de pensée, sa force de mobilisation pratique, sa générosité émotionnelle excède ma capacité d’accueil et de compréhension. 8»

Le politique semble souvent s’ériger en arbitre des religions, il se pose comme celui qui fait dialoguer les religions entre elles et met en œuvre une valeur qui fait partie de leur essence commune ou de leur credo commun. De son côté, la religion peut s’appréhender comme le lien entre les hommes et entre des hommes et un au-delà d’eux-mêmes que certains nomment Dieu, la vérité, l’Autre. La religion articule les convictions avec les incidences éthiques inspirées par ces convictions, elle relève aussi d’une mémoire commune et d’un système de relations communautaires. Elles concernent le politique en tant qu’institution qui s’inscrit dans le passé et entend assurer un avenir au groupe social. Par ailleurs, le politique prend appui sur le religieux en tant que système social source d’inspiration de l’action et de la parole entre les hommes.
 
Les religions et la politique ont intérêt à entretenir un lien à travers d’une part l’échange et le dialogue entre les religions et d’autre part l’option du pluralisme religieux envisagé comme chance. C’est, me semble-t-il, le concept de bien commun qui est à la base d’un dialogue confiant entre religions et institutions. Il est cohérent avec les religions qui mettent la Parole au cœur de l’histoire humaine et les valeurs qui fondent les institutions internationales. Le politique, détenteur de la violence légitime est non théologien et non confessant mais il peut défendre des valeurs inspirées par les religions au nom de leur universalité. La parole juste, la nécessité de la qualité d’écoute, la nécessité du droit sont autant d’éléments hérités du judéo-christianisme que l’Europe promeut dans ses textes et les personnes auxquelles elles donnent la parole. 
Religion and European values
Talk to the CINGO


In this time of crisis in Europe we need to task ourselves about our heritage and not only about our financial heritage. What does our European heritage comprise? What contribution do religions make to respect for human dignity? Should we expunge all trace of Christianity from the heritage of Europe and particularly Catholicism as the Rationalist Union might wish? Recently I was reading an article by Gerhardt Stenger1:

“ […] some current tendencies in the great religions “of the book” are mercilessly opposed to one another when it is a matter of imposing one's own truth to the detriment of the other. Everyone has his own strategy for opposition or for engagement in dialogue with the competition, for the conquest of those who will be converted to their faith and for the exclusion of deviant believers by excommunication, condemnation or fatwah; but all have the same enemy: the philosophy of the Enlightenment, secularistion of our societies, in a word the culture of laïcité. A new ecumenism is seeing the light of day, it is a double one: in its classic form it is opposed to the principle of laïcité and the religious neutrality of the State, but it is also against the idea that faith should be a matter of  conscience and personal conviction.”

The language is acerbic we certainly need to express our disaccord with this kind of conviction. The political arena in France or more generally in Europe, or indeed the world in general is not chemically pure and successful engagement requires us to be "in play" in the fields of opinion and power. We cannot express an interest as a political stakeholder in the areas of humanity and the common good while being scornful about the political process. That would be a moral failing, it would be to forget the the nature of our world which is the place of salvation. Edouard Herriot used to say “politics is like an andouillette, it should smell a bit like a sewer but not too much”2.  In Europe as in the world and in our States, civil power is the place for the control of violence and of religions which have an essential role in society provided that they continue to exercise their role as a critic: a political system cannot save the world which is already saved and believers of all traditions can engage with it by bringing their values of conversion and dialogue.

On the other hand it is inadvisable, as history shows, for religion to engage in government. Charity is not a programme for a political party: that would be regrettable. As report number 50 notes: “European law about religion has definitively broken with the idea that citizenship and religious adherence, the nation and religion belong together”. Then n° 51 adds “the non-confession- alism of the state and its neutrality in the matter of religion go with guarantees of freedom of conscience and religion”. The Apostle Paul proposed that people should trust the civil powers: “Each individual should obey the civil authorities. For there is no authority that does not come from God and those which exist are established by God”3.

On 11 October 1988, in his speech at the European Parliament, John Paul II said: “Our European History makes it abundantly clear how often the frontier between “the one who is Caesar” and “the one who is God” has been crossed in both directions. Medieval Latin Christianity -to mention only that- (…) has not always managed to avoid the fundamentalist temptation of excluding those who do not profess the true faith from the temporal community. Religious fundamentalism, wwhich makes no distinction between the realms of faith and civil life today, which is still the case in other places, appears to be incompatible with Europe's own "inspiration" as it was formed by the Christian message. But the greatest threats in our days have come from elsewhere, when ideologies have lead to an absolutist society or a group became dominant with the implication of a threat to the human person and his liberty.”

The second Vatican Council underlines this in its Constitution Gaudium et Spes and interprets the common good as “this collection of social conditions that allows groups no less than each of their members to attain their perfection in a more complete and pleasing manner”. Then it adds a little later “But at the same time there is growing awareness of the obvious dignity of the human person, superior to all things whose rights and duties are inviolable. It is therefore necessary to make available to human beings everything that is needed to live a really human life”4. In 1973, one year after preaching a retreat in the Vatican, Maurice Zundel preaching at Timadeuc wrote:

“The free world is as unaware as the communist one, if one takes them as a whole, of  the value of this interior creation. It proclaims human rights and it bombards Vietnam to affirm human rights! It does not manage to resolve the question of people with a black skin, while proclaiming human rights withal, because, indeed, it is unaware of this internal way of doing things, which is more or less never called in question. All educational programmes seem to be unaware of what is essential: if humanity is an end, each individual is an end; and why is it an end unless it is because humanity and humanity alone, can be the creator of a universal good? The only truly common good, the only universal good, is what is realised in the secrecy of each person's heart.5

What is the fundamental area to which the religions have made a contri- bution. It is noteworthy that the fundamental values of the European Union are expressed by the Charter of Fundamental Rights of the European Union and the European Convention on Human Rights. Among these values, a number are among the pillars of the Catholic Church's social doctrine and are to be found in the Charta Ecumenica signed in Strasbourg on 22 April 2001 as well as in the ten points for peace developed at Assisi: the dignity of the person, the furtherance of peace, solidarity, condemnation of war and terrorism, freedom of expression and dialogue, democracy, equality

Among these values it is proper to underline the particular place of human dignity understood as a common good which belongs to humanity. At the heart of this requirement for dignity we find the call to reconciliation. We can say that great intuition is expressed in the only book published by Robert Schuman in 1960 when he was very ill: “Here we are brought back to the Christian law of a noble yet humble fraternity. It is a paradox which should surprise us, that if we were not Christians, perhaps unaware Christians- we would hold out our hand to our enemies of yesterday not simply to forgive but also to construct together the Europe of tomorrow.6 This necessity for forgiveness and reconciliation is taken up again in paragraph 8 of the Charta Ecumenica : The reconiliation of peoples and cultures: “It is an aspect of reconciliation that if it favours social justice, in and between all people, before all else it should overcome the division between poor and rich, and conquer unemployment too.”

The concern to make life more human and that people should live together is germane to the common concerns of institutions and men of good will. That engages the value of service. We are there “not to be served but to serve”, in the image of Christ and in following Him (Mark 10:15). That sense of service must go beyond the frontiers of our territories and our different religions. So, with other thinkers from the great religions, on 12 April 2011, the Chief Rabbi Berel LAZAR, Chief Rabbi of Russia said to the parliamentary Assembly of the Council of Europe:
“It has been said many times that multiculturalism has failed in Europe. I myself have lived in Europe all my life, and I can say that if multiculturalism has failed, Europe has failed. The beauty of Europe, and the foundations of Europe, have always been mutual understanding and openness of dialogue,  all the differences separting its peoples by language, culture and tradition  notwithstanding.”

Religions make us aware that things are not simple, that they are neither black not white. He added “Some debates in the Council of Europe relate to the importance of bringing peace to the world, but if we were all the same and agreed about everything, we would not need to bring peace to the world and we would not need the Council of Europe. Everybody would live in harmony, and it would be a very monotonous life. Our whole being, the raison d’être of all of us, is to bring peace despite our differences and divisons, for we live on the same continent, Europe. We simply have to find ways to understand each other.”

All these values are put forward by the religions and at the same time they make up the common heritage of the peoples of Europe.. It is a matter of Europe's common good and we can say that religion never ceases to remind us of the need to live together while setting out the the primacy of the person and in playing the part of the watchdog.
“The abolition of what is human will be realised under anaesthetic”, writes Monsieur Bellet. The right to life is set out as the fourth point in the Assisi decalogue, the prohibition of violence and (the need for) dialogue are also in this decalogue, and it is fitting to emphasise that, as in the Biblical decalogue, what touches one commandment touches the whole7. If we believe that political power is the forum for the regulation of conflict, we can ask ourselves about what religions contribute in this field. Would it be the promotion of dialogue and tolerance?

For one of the values that underpins this decalogue is that of tolerance in its four aspects:
  • support what one cannot prevent in the name of justice
  • reognise the rights of the other to profess what he holds to be true
  • Give credit to the other and credit him with some of the truth that one does not have oneself.
  • Finally, what is even more noble is to manage to say this: “At the heart of my own conviction, indeed, of my own confession, I recognise that there is a depth that I have not mastered. I perceive at the base of my religious adherence, a source of inspiration which, by its demand for thought, its power of practical motivation, its emotional generosity exceeds my ability to welcome and understand.8
The politician seems often to make himself the arbiter of religion, he presents himself as the one who makes religions engage in dialogue among them- selves and puts into effect a value which is an aspect of their common nature or their common belief. For its part, religion can understand itself as the connection between people and between people and what surpasses them that some people call God, truth, the Other. Religion expresses convictions with ethical inpact inspired by these convictions, it relates to common memory as well and a system of community relations. They concern the politic arena as an institution which is based in the past and expects to assure the future of a social group. Besides, politics takes its stand on what is religious as a social system that is a source of inspiration for action and for discourse among people.

The religions and politics have an interest in maintaining a link across part of the exchange and the dialogue between religions and on the other hand the option of religious pluralism as an opportunity. It is, it seems to me, the concept of the common good which is at the basis of a confident dialogue between religions and institutions. It coheres with religions that put the Word at the heart of human history and the values that are the foundation of international institutions. When politics resorts to legitimate violence, it is non theological and non confessing, but it can defend values inspired by religions in the name of their universality. Precise expression, the need for an ability to listen, the need for law are inherited aspects of judeo-christianity to the same extent as Europe puts them forward in its texts and through individuals to whom they give an opportunity to express themselves.  


Notes
1 « L’intolérance catholique » dans Voltaire. La tolérance et la justice, Peeters, 2011, p. 117.
2 Président du Conseil et de l’Assemblée Nationale en 1925
3 Ro 13,1
4 G.S 26 1 et 2.
5 M. Zundel, Fidélité de Dieu et grandeur de l’homme, Paris, Cerf, p. 228.
6 R. Schuman, Pour l’Europe, les Editions Nagel SA, 2005, p. 42.
7 Jc 2, 10.
8 P. Ricœur, la croyance religieuse, 2008, pp. 223-224. Voir aussi Vivant jusqu’à la mort, p. 39